Artemis 2 a décollé : cap sur la Lune pour la première fois depuis 1972.



Publié le 2 avril 2026 · Science & Espace · 6 min de lecture

Dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 avril 2026, la fusée géante SLS (Space Launch System) de la NASA a décollé avec succès du Kennedy Space Center en Floride à 18h35 heure locale — soit 0h35 heure française — avec un léger retard de onze minutes sur le programme initial. À bord de la capsule Orion, quatre astronautes entament un voyage de dix jours autour de la Lune. C'est la première mission lunaire habitée depuis Apollo 17 en décembre 1972, soit plus de 53 ans après le dernier retour d'humains dans l'environnement lunaire.

Des milliers de spectateurs massés sur les plages de Floride, et des médias venus de 18 pays, ont assisté au décollage sous un ciel dégagé. Vingt minutes après le départ, la capsule se trouvait déjà à près de 800 kilomètres de la Terre, filant à 25 000 km/h.


Artemis 2 en chiffres clés

Décollage 1er avril 2026, 18h35 EDT / 0h35 heure française
Site Pas de tir 39B, Kennedy Space Center
Durée 10 jours (retour le 10 avril 2026)
Fusée SLS — 98 m, 2 600 tonnes
Capsule Orion (baptisée « Integrity »)
Record Distance record battu : +2 400 km au-delà d'Apollo 13

L'équipage : quatre pionniers pour une ère nouvelle

L'équipage d'Artemis 2 incarne une rupture nette avec les missions Apollo, qui ne comptaient que des hommes américains blancs. Cette fois, chaque membre représente une première historique :

  • 👨‍✈️ Reid Wiseman (commandant) — 50 ans, le plus âgé à partir vers la Lune
  • 👨‍🚀 Victor Glover (pilote) — premier homme noir en direction de la Lune
  • 👩‍🚀 Christina Koch (spécialiste de mission) — première femme vers la Lune
  • 🇨🇦 Jeremy Hansen (spécialiste de mission) — premier non-Américain vers la Lune

Trois minutes avant le lancement, Jeremy Hansen a déclaré aux contrôleurs de la NASA : « Ici Jeremy, nous partons pour toute l'humanité. » Une phrase qui a déclenché une salve d'applaudissements au siège de l'Agence spatiale canadienne.


Objectifs : tester Orion avant d'aller plus loin

Artemis 2 n'est pas une mission d'alunissage — cela viendra avec Artemis 4, prévu en 2028. Son but est de valider en conditions réelles, avec équipage, les systèmes du vaisseau Orion, qui n'avait jusqu'ici volé qu'en mode automatique lors d'Artemis 1 en 2022.

Au programme des tests : systèmes de survie (oxygène, CO₂, eau), manœuvres de proximité autour de l'étage supérieur ICPS (simulant un futur rendez-vous avec un atterrisseur lunaire), communications à grande distance, et résistance du bouclier thermique lors de la rentrée à 40 000 km/h.

La mission emprunte une trajectoire de retour libre : même en cas de panne moteur, la gravité lunaire ramènerait naturellement le vaisseau vers la Terre — une sécurité héritée des leçons d'Apollo.


Le calendrier de mission

Jour 1 — 1er/2 avril : Décollage & orbite terrestre Mise en orbite haute (70 000 km d'apogée), déploiement des panneaux solaires, tests des systèmes.

Jour 2 — 3 avril : Injection trans-lunaire (TLI) Le moteur principal s'allume pour envoyer Orion vers la Lune si les tests sont concluants.

Jour 6 — 7 avril : Survol de la Lune Orion frôle la face cachée et établit un nouveau record de distance pour un vol habité. Pas d'alunissage cette fois.

Jour 10 — 10 avril : Rentrée et amerrissage Rentrée à 40 000 km/h, bouclier thermique soumis à 2 760°C, amerrissage dans l'océan Pacifique au large de San Diego.


La contribution française et européenne

La France joue un rôle discret mais essentiel. Sans le module de service européen (ESM), dont l'expertise industrielle française est centrale, Orion ne pourrait tout simplement pas accomplir sa mission. Après le décollage, l'Observatoire radio de Pleumeur-Bodou (Côtes-d'Armor) — seule station française retenue parmi les 34 sélectionnées mondialement par la NASA — suit en temps réel la trajectoire du vaisseau grâce à l'analyse des signaux via l'effet Doppler.


Et après Artemis 2 ?

Artemis 2 s'inscrit dans un programme décennal visant à installer une base permanente sur la Lune, puis à préparer des missions vers Mars. La course est aussi géopolitique : la Chine ambitionne d'envoyer ses taïkonautes sur la Lune avant 2030. Le président Trump, qui avait lancé le programme lors de son premier mandat, entend bien que les États-Unis posent le pied sur le sol lunaire avant la fin de sa seconde présidence.

Pour suivre la mission en direct, la NASA propose l'outil AROW (Artemis Real-time Orbit Website) : visualisation 3D de la trajectoire, distance, vitesse et temps de vol en temps réel.

« Je suis tellement heureuse qu'on retourne vers la Lune. C'est un grand pas pour l'humanité. » — Réaction d'une invitée VIP au Centre spatial Kennedy

Le retour sur Terre est prévu le 10 avril 2026, avec un amerrissage au large de San Diego.


Sources : NASA, CNES, France 24, La Presse, Ciel & Espace

Enregistrer un commentaire

Les Avis sont les bienvenus, merci

Plus récente Plus ancienne