Entre Mythes et Traditions du Monde
Chaque année, il descend par la cheminée, vêtu de rouge et de blanc, porté par des rennes volants. Mais saviez-vous que le Père Noël n’est pas né au pôle Nord avec un pack de soda sous le bras ? Son histoire est un véritable voyage millénaire, une fusion fascinante entre foi chrétienne, légendes païennes et marketing moderne.
Découvrons ensemble les racines et les visages de celui que l'on appelle Santa Claus.
I. Les racines : De l'évêque turc au dieu viking
1. Saint Nicolas : Le point de départ (IVe siècle)
Tout commence en Turquie, avec Nicolas de Myre, un évêque chrétien réputé pour sa grande générosité. La légende raconte qu'il aurait sauvé trois jeunes filles pauvres en jetant des bourses d'or par leur fenêtre pour constituer leur dot. Après sa mort, il devient le saint patron des enfants. Sa fête, le 6 décembre, est toujours une institution dans de nombreux pays d'Europe (Est de la France, Belgique, Allemagne).
2. Odin et le folklore païen
Avant la christianisation, les peuples germaniques et scandinaves célébraient Yule (le solstice d'hiver). Le dieu Odin menait alors la "Chasse Sauvage" dans le ciel sur son cheval à huit pattes, Sleipnir. Les enfants remplissaient leurs bottes de paille pour la monture divine, et Odin les remerciait en y laissant des cadeaux. On reconnaît là l'ancêtre des rennes et de la botte de Noël !
II. La métamorphose : Comment il est devenu "Santa Claus"
C’est au XVIIe siècle que les colons hollandais emportent avec eux la tradition de Sinterklaas (Saint Nicolas) vers l'Amérique. À New York, le nom se transforme peu à peu en Santa Claus.
Le personnage moderne prend ensuite forme grâce à la littérature du XIXe siècle :
1823 : Le poème de Clement Clarke Moore fixe les codes (le traîneau, les huit rennes, la descente par la cheminée).
1863 : L'illustrateur Thomas Nast lui donne son aspect bedonnant et décrète qu'il habite au pôle Nord.
1931 : Contrairement à la légende, Coca-Cola n'a pas inventé le Père Noël, mais la marque a figé son image (et sa couleur rouge) dans l'imaginaire mondial grâce aux publicités de Haddon Sundblom.
III. Le tour du monde : Autres noms, autres mœurs
Si la silhouette rouge domine aujourd'hui, chaque culture a conservé ses propres protecteurs de l'hiver.
En Europe : Entre bienveillance et frisson
L'Italie et la Befana : Le 6 janvier, c'est une gentille sorcière sur son balai qui distribue des bonbons aux enfants.
L'Islande et les 13 "Lads" : Treize lutins malicieux descendent des montagnes un par un avant Noël, chacun avec sa propre farce (comme le "Lécheur de cuillères").
L'Allemagne et le Krampus : Aux côtés de Saint Nicolas, on trouve souvent cette créature cornue chargée de punir les enfants qui n'ont pas été sages.
En Russie : Ded Moroz et la Fille des Neiges
Le "Père Frimas" (Ded Moroz) porte souvent un long manteau bleu ou rouge. Il ne voyage jamais seul : il est accompagné de sa petite-fille, Snegourotchka, et livre ses cadeaux lors du Réveillon du Nouvel An.
Dans l'hémisphère Sud : Un Noël en short
En Australie, décembre tombe en plein été. Le Père Noël troque parfois son traîneau pour une planche de surf ou un char tiré par six "White Boomers" (des kangourous blancs), arrivant sur la plage pour distribuer ses cadeaux.
En résumé : Un symbole universel
Le Père Noël est un "hybride" fascinant : il possède la générosité de l'évêque turc, la magie des dieux nordiques et l'esthétique de la culture américaine. Peu importe son nom ou sa tenue, il reste le symbole universel du partage et de l'émerveillement.
Le saviez-vous ? Au Japon, la tradition veut que l'on fête Noël en mangeant du poulet frit chez KFC, une habitude née d'une campagne marketing réussie dans les années 70 !
