Violence conjugale en France : que faire, qui prévenir, comment agir ?

 

Être victime de violence conjugale — qu’elle soit physique, psychologique, verbale, sexuelle, économique ou numérique — est une situation extrêmement éprouvante. En France, des dispositifs existent pour vous protéger et vous accompagner. Voici un guide pratique pour savoir comment réagir.


1. Comprendre que les violences conjugales ne sont jamais de votre faute

Un premier point essentiel : vous n’êtes pas responsable de la violence exercée par votre conjoint(e). La loi française reconnaît et sanctionne ces violences, qu’elles aient lieu au sein d’un couple marié, pacsé, en union libre ou séparé mais encore en contact.


2. En cas de danger immédiat : appelez les secours

Si vous êtes en danger maintenant, appelez sans hésiter :

  • 17 : Police / Gendarmerie

  • 112 : Numéro européen d’urgence

  • 114 : Numéro d’urgence par SMS (si vous ne pouvez pas parler)

Important : vous pouvez demander une intervention sans porter plainte immédiatement.


3. Comment vous comporter face à votre agresseur

Il n’existe pas de “bonne” façon de réagir face à un agresseur, mais votre sécurité prime.

  • N’affrontez pas l’agresseur s’il est violent ou menaçant. Protégez-vous avant tout.

  • Essayez de quitter la pièce, allez vers une sortie ou un endroit où vous pouvez vous isoler.

  • Ayez si possible un téléphone chargé avec vous.

  • Élaborez un plan de sécurité : objets importants à récupérer, numéros à appeler, lieu où vous pouvez vous réfugier.

  • Préparez un sac d’urgence (documents, argent, médicaments, affaire de rechange) à garder dans un endroit accessible ou à l’extérieur du domicile.

Ne culpabilisez pas : c’est à l’auteur des violences d’être maîtrisé et sanctionné, pas à vous de gérer la situation.


4. Qui prévenir ? Les dispositifs existants

👉 Numéro national 3919

  • Gratuit, anonyme, disponible 24h/24 et 7j/7

  • Conseillers spécialisés pour écouter, informer et orienter

  • Ne laisse pas de trace sur la facture téléphonique

👉 Les forces de l’ordre

Vous pouvez :

  • Déposer plainte à tout moment auprès de la police ou de la gendarmerie,

  • Ou faire une main courante (trace écrite, même sans poursuite immédiate).

👉 Les professionnels de santé

Médecins, infirmiers, urgences, psychologues peuvent :

  • Constater les blessures,

  • Rédiger un certificat médical, essentiel pour la procédure,

  • Vous orienter vers des associations.

👉 Les associations spécialisées

Elles offrent hébergement, accompagnement psychologique, aide juridique.
Parmi les principales :

  • Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF)

  • CIDFF – Centres d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles

  • Associations locales d’aide aux victimes (France Victimes)


5. Vos droits et protections possibles

👉 Ordonnance de protection

Décidée par un juge rapidement (environ 6 jours en cas d’urgence).
Elle peut permettre :

  • L’éloignement immédiat de l’agresseur,

  • L’attribution du domicile,

  • La protection des enfants,

  • L’interdiction de contact.

👉 Téléphone Grave Danger (TGD)

Appareil remis par le procureur, permettant une alerte rapide en cas de menace.

👉 Bracelet anti-rapprochement

Permet un suivi géolocalisé de l’agresseur pour éviter tout contact.

👉 Hébergement d’urgence

Proposé par associations, mairie, services sociaux, 115.


6. Rassembler des preuves (si possible et sans vous mettre en danger)

Il peut être utile de conserver :

  • Photos de blessures ou dégradations,

  • Messages, menaces, enregistrements,

  • Certificat médical,

  • Témoignages de voisins, proches,

  • Journal des incidents daté.

Ne prenez jamais de risques pour collecter ces preuves.


7. Si vous avez des enfants

La loi protège également les enfants exposés à ces violences.
Vous pouvez obtenir :

  • Aide des services sociaux (ASE, PMI),

  • Ordonnances de protection incluant les enfants,

  • Hébergement mère/enfant,

  • Soutien psychologique.

Les enfants sont considérés comme victimes, même s’ils ne subissent pas directement les coups.


8. Sortir de l’emprise : un processus long, accompagné

La violence conjugale inclut souvent de la manipulation, de l’emprise, de l’isolement.
Se reconstruire est un chemin difficile mais possible.

Vous pouvez être accompagné par :

  • Psychologues spécialisés,

  • Groupes de parole,

  • Associations d’aide aux victimes,

  • Thérapeutes du traumatisme.


9. Ressources utiles (France)

Besoin Contact
Danger immédiat 17 / 112 / 114 (SMS)
Écoute et conseils 3919
Enfants en danger 119
Hébergement urgence 115
Orientation victimes France Victimes – 116 006
Aide juridique femmes CIDFF
Violences sexuelles 0 800 05 95 95

Conclusion

Vous n’êtes pas seul(e) et des solutions existent, même si la situation semble insurmontable.
La violence conjugale est un délit : c’est la loi qui doit protéger la victime, jamais l’inverse.

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