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Un vieux rêve qui prend forme
« Un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité » : ces mots résonnent encore dans nos mémoires. C’était le 20 juillet 1969. Neil Armstrong posait le pied sur la Lune, marquant l’apogée de la conquête spatiale. Depuis, des générations entières ont rêvé d’un jour s’y installer. Mais entre les ambitions politiques et les contraintes techniques, l’idée d’une base habitée sur la Lune semblait relever de la science-fiction.
Pourtant, depuis quelques années, le scénario se transforme. Les grandes agences spatiales ne parlent plus simplement de « retour » sur la Lune, mais de présence durable. La NASA, l’ESA, la Chine, la Russie — tous s’activent en coulisses (et en orbite) pour poser les fondations d’un habitat lunaire permanent.
Alors, quand construirons-nous réellement une base sur la Lune ? Quels sont les projets ? Et à quoi ressemblera cette vie extraterrestre… sur notre satellite ?
Artemis : le grand retour américain… pour de bon
Depuis 2020, la NASA a officiellement relancé la course lunaire avec le programme Artemis. Objectif affiché : ramener des astronautes sur la Lune d’ici 2026–2027, puis installer un campement semi-permanent au pôle Sud, l’une des régions les plus prometteuses en ressources (notamment en glace d’eau).
Le concept d’Artemis Base Camp inclut :
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un habitat fixe pouvant héberger 4 astronautes,
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un rover pressurisé pour explorer les environs,
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et un petit module mobile pour des séjours de courte durée.
Une première version rudimentaire pourrait être installée avant 2031, avec l’arrivée d’un module baptisé Lunar Surface Habitat (LSH), un habitat partiellement gonflable de 12 tonnes. Les séjours, à ce stade, seraient de 30 à 60 jours consécutifs.
📄 Plus d’infos : Lunar Surface Habitat (Wikipédia)
📄 Lire aussi : NASA – Lunar Living: Artemis Base Camp Concept
Parallèlement, la NASA construit la station orbitale Lunar Gateway, sorte de mini-ISS en orbite lunaire, prévue pour 2027–2028. Elle servira de plateforme logistique, médicale, et scientifique pour les missions de surface.
L’Europe mise sur l’architecture durable
De son côté, l’Agence spatiale européenne (ESA) n’est pas en reste. En 2024, elle a présenté un projet spectaculaire : le Lunar Master Plan.
Imaginé avec le cabinet d’architecture Hassell, ce concept prévoit la construction progressive d’un village lunaire modulaire, capable d’héberger jusqu’à 144 personnes à l’horizon 2040. Les bâtiments seraient imprimés en 3D à partir du régolithe lunaire (la poussière de surface), offrant une protection naturelle contre les radiations et les micrométéorites.Les modules seraient gonflables à l’intérieur, rigides à l’extérieur, et enterrés partiellement pour la sécurité.
📄 À voir absolument : Projet ESA – Lunar Master Plan
📄 Lire aussi : FT – How to build a home on the Moon
La Chine et la Russie veulent leur propre base
En 2021, la Chine et la Russie ont lancé ensemble un programme ambitieux : l’ILRS (International Lunar Research Station). Leur feuille de route est claire :
| Phase | Période | Objectif |
|---|---|---|
| Reconnaissance | jusqu’en 2025 | Missions robotiques et cartographie du pôle Sud |
| Construction | 2026–2035 | Installation d’infrastructures de surface et en orbite |
| Séjours habités | 2031–2035 | Présence humaine avec modules pressurisés |
La Chine teste déjà des “briques lunaires” à partir de régolithe simulé, qu’elle espère utiliser pour construire les murs de sa base. Une première station pourrait être fonctionnelle vers 2035.
📄 Infos : Station de recherche lunaire internationale – Wikipédia
📄 Article : The Australian – Moon bricks in China
Des innovations dignes de la science-fiction
Construire sur la Lune impose des défis techniques inédits : températures extrêmes, absence d’atmosphère, poussière abrasive, rayonnements cosmiques. Les ingénieurs explorent donc des solutions audacieuses :
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Habitat en mycélium : des chercheurs américains travaillent sur des dômes vivants cultivés à partir de champignons. Avantage : ils poussent, se régénèrent, et offrent une isolation naturelle.
📄 Lire : Architectural Digest – Moon Architecture & Mycelium
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Panneaux solaires en “moonglass” : un verre fabriqué sur place, à partir de régolithe fondu, réduisant le besoin d’importer du matériel depuis la Terre.
📄 Lire : Scottish Sun – Moonglass solar cells -
Rails magnétiques sur la Lune : la NASA étudie un système de railway autonome appelé “FLOAT”, pour transporter matériaux et équipements sur des centaines de mètres… sans astronautes.
📄 Lire : NY Post – Lunar Railway FLOAT
La chronologie probable (si tout se passe bien)
| Année | Événement clé |
|---|---|
| 2026–2027 | Artemis III : retour d’astronautes sur la Lune |
| 2027–2031 | Installation de Lunar Gateway et premiers habitats Artemis |
| 2031 | LSH opérationnel (séjours de 60 jours) |
| 2031–2035 | Missions habitées chinoises et russes (ILRS) |
| ~2034 | Première base lunaire durable (selon prévisions NASA) |
| 2040 | Habitats à grande échelle, 100+ personnes |
Alors… quand vivrons-nous sur la Lune ?
Si l’on définit « vivre » comme « séjourner plusieurs semaines dans un habitat pressurisé, avec eau, électricité et travail scientifique », alors la réponse est : d’ici 2035, probablement au pôle Sud.
Mais si l’on entend par là « habiter durablement, avec des rotations d’équipes, une production locale de ressources et des infrastructures permanentes », alors il faudra attendre la fin des années 2030, voire 2040.
Le retour vers la Lune n’est pas seulement un « caprice spatial » nostalgique des années Apollo. Il répond à plusieurs enjeux stratégiques, scientifiques, technologiques et économiques. Voici les principales raisons :
1. Un laboratoire scientifique unique
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Comprendre l’histoire de la Terre et du système solaire : les roches lunaires, préservées depuis des milliards d’années, offrent un témoignage intact sur la formation des planètes.
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Étudier l’Univers : la face cachée de la Lune, protégée du bruit radio terrestre, est idéale pour installer des radiotélescopes.
Comprendre l’histoire de la Terre et du système solaire : les roches lunaires, préservées depuis des milliards d’années, offrent un témoignage intact sur la formation des planètes.
Étudier l’Univers : la face cachée de la Lune, protégée du bruit radio terrestre, est idéale pour installer des radiotélescopes.
2. Exploiter les ressources locales
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Glace d’eau au pôle Sud : cruciale pour produire de l’oxygène à respirer et de l’hydrogène pour les carburants.
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Régolithe lunaire : utilisé pour fabriquer du béton spatial via impression 3D.
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Hélium-3 : rare sur Terre, abondant sur la Lune, pourrait devenir une ressource énergétique future pour la fusion nucléaire.
Glace d’eau au pôle Sud : cruciale pour produire de l’oxygène à respirer et de l’hydrogène pour les carburants.
Régolithe lunaire : utilisé pour fabriquer du béton spatial via impression 3D.
Hélium-3 : rare sur Terre, abondant sur la Lune, pourrait devenir une ressource énergétique future pour la fusion nucléaire.
3. Préparer les futures missions vers Mars
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La Lune est un terrain d’entraînement idéal : plus proche que Mars, mais avec un environnement extrême.
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On peut y tester la survie longue durée, le recyclage de l’air et de l’eau, la production locale d’énergie et la robotique.
La Lune est un terrain d’entraînement idéal : plus proche que Mars, mais avec un environnement extrême.
On peut y tester la survie longue durée, le recyclage de l’air et de l’eau, la production locale d’énergie et la robotique.
4. Asseoir une présence géopolitique et stratégique
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La Lune devient un nouvel espace de rivalité internationale :
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Les États-Unis via Artemis.
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La Chine et la Russie avec l’ILRS.
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L’Europe et l’Inde en partenaires clés.
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Les accords internationaux (comme les Accords Artemis) définissent déjà des zones d’influence, notamment autour des ressources.
La Lune devient un nouvel espace de rivalité internationale :
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Les États-Unis via Artemis.
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La Chine et la Russie avec l’ILRS.
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L’Europe et l’Inde en partenaires clés.
Les accords internationaux (comme les Accords Artemis) définissent déjà des zones d’influence, notamment autour des ressources.
5. Stimuler l’innovation et l’économie spatiale
-
Les projets lunaires poussent au développement de nouvelles technologies : énergie renouvelable, robotique autonome, habitat durable, recyclage avancé.
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Ils ouvrent aussi la voie à une économie spatiale naissante : exploitation minière, tourisme, satellites relais, infrastructures orbitales.
Les projets lunaires poussent au développement de nouvelles technologies : énergie renouvelable, robotique autonome, habitat durable, recyclage avancé.
Ils ouvrent aussi la voie à une économie spatiale naissante : exploitation minière, tourisme, satellites relais, infrastructures orbitales.
✅ En résumé :
Les pays retournent sur la Lune pour la science, pour s’entraîner avant Mars, pour les ressources stratégiques, et pour l’influence géopolitique.
C’est un mélange d’ambition scientifique, d’intérêts économiques et de rivalités internationales.
Des missions habitées dès 2026–2027.
Des habitats lunaires testés vers 2031.
Une présence durable espérée pour 2034–2040.
Des innovations qui transforment la science-fiction en plan de chantier.


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