Avenir des Carburants

 



1. Contexte réglementaire et économique

Vers la fin des moteurs thermiques neufs en 2035

L’Union européenne a voté en avril 2023 l’interdiction de la vente de véhicules thermiques neufs à partir de 2035. Toutefois, une clause d’exception pourrait permettre leur commercialisation s’ils utilisent exclusivement des carburants synthétiques neutres en CO₂, sous réserve de validation réglementaire à l’automne 2024 (TV5MONDE Informations, 20 Minutes, BFMTV).

Normes antipollution de plus en plus strictes

Les normes Euro 7, devant entrer en vigueur à la fin de 2026, imposent une réduction drastique des émissions de NOₓ et de particules fines, notamment –20 % et –15 % respectivement, par rapport à Euro 6. Ces normes rendent la conformité plus coûteuse pour les constructeurs (Bluestar, Wikipédia).

Pression sur les constructeurs

Des normes comme CAFE imposent dès 2025 un objectif de 81 g/km de CO₂ en moyenne, puis 50 g/km en 2030. Les constructeurs sont contraints de vendre une voiture électrique pour quatre thermiques sous peine d’amende, et certains évoquent un possible ralentissement de la production des thermiques si l’électrique ne se développe pas assez rapidement (Le Monde.fr).


2. Les technologies en développement

a) Biocarburants (E85 et algocarburants)

  • En France, l’E85 (bioéthanol à 85 %) est déjà bien implanté : environ 3 000 stations en 2025.

  • Il permet aussi de réduire significativement les émissions de CO₂ (environ 40 % en moins) et son coût est attractif (≈ 0,70 €/L contre 1,50 €/L pour le SP95).

  • Les algocarburants (à base de micro-algues) représentent une solution encore expérimentale, potentiellement très durable, mais leur production n’est pas encore mature.

b) Hybridation légère (MHEV) et innovations moteur

  • Les systèmes MHEV 48 V (hybrides légers) combinent un petit moteur électrique avec un moteur essence turbo pour réduire émissions et consommation, adoption en grande partie déjà prévue entre 2025–2026.

  • Autres innovations incluent des filtres à particules avancés et des rendements thermiques améliorés (jusqu’à 45–50 %), notamment chez Mazda.

c) Hydrogène

La mobilité à hydrogène (pile à combustible ou moteur à explosion) offre une autonomie et un ravitaillement comparables à ceux d’un moteur thermique, avec comme único rejet de l’eau (Autoplex). Néanmoins, la production “verte” reste énergivore et les infrastructures de distribution sont encore très limitées.

d) Carburants de synthèse (e-fuels)

  • Produits à partir de CO₂ recyclé et d’hydrogène vert, les e-fuels sont considérés comme potentiellement neutres en carbone sur le cycle complet (Le Télégramme).

  • Des projets pilotes, notamment au Chili (usine Haru Oni) ou au Texas, visant la production d’e-méthanol ou d’essence synthétique, ont démarré depuis 2023. L’usine chilienne devrait franchir la barre de plusieurs millions de litres d’ici 2024–2026.

  • En France, une usine est prévue à Roussillon (projet eM-Rhône) autour de 2028, avec production d’e-méthanol à partir d’hydrogène vert et de CO₂ issu de cimenterie.

Cependant, les défis restent majeurs : coût élevé (estimé à plusieurs €/L aujourd’hui, pouvant descendre à ≈1 €/L vers 2027–2030, contre ≈0,65 €/L pour l’essence). L’ONG Transport & Environment souligne que les e-fuels nécessitent 3 à 4 fois plus d’énergie qu’une voiture électrique pour un même usage, avec un coût total sur cinq ans supérieur d’environ 10 000 €.

Certains constructeurs comme Stellantis testent des e-fuels fournis par Aramco, avec une réduction annoncée de 70 % des émissions du cycle de vie sans modification des moteurs existants (Motor1.com). Ferrari et Porsche sont également engagés dans des projets pour que les thermiques puissent continuer au-delà de 2035 grâce à ces carburants (Automobile Propre, Reddit).


3. État des lieux en 2025

Technologie Avantages principaux Limites principales
Biocarburants (E85) Moins cher, émissions réduites, infrastructure existante Disponibilité inégale, adaptation du moteur nécessaire
Algocarburants Très durable, peu concurrent à nourriture Production embryonnaire
Hybridation légère Réduction rapide des émissions, technologie déjà déployée Complexité, surcoût de fabrication (normes Euro 7)
Hydrogène Zéro émission à l’usage, ravitaillement rapide Production énergivore, infrastructures rares
e-fuels Permet conservation des moteurs, neutre carbone possible Très coûteux, peu efficace par rapport à électrique, infrastructures limitées

4. En conclusion

À l’horizon 2025, les motorisations thermiques ne sont pas vouées à disparaître instantanément, mais leur avenir est conditionné à l’adoption de plusieurs technologies :

  • À court terme : biocarburants (E85), hybridation légère, technologie moteur avancée sont déjà disponibles ou en déploiement.

  • À moyen terme : hydrogène et e-fuels apparaissent comme alternatives crédibles, mais restent limitées par leur coût et leur faisabilité technique.

  • Réglementairement : l’UE laisse entendre qu’elle pourrait autoriser l’usage des carburants synthétiques après 2035, sous conditions très strictes (TV5MONDE Informations, 20 Minutes, BFMTV).

La transition énergétique automobile reste complexe : elle devra conjuguer efficience, équité et durabilité, tout en soutenant les acteurs industriels et en maintenant des alternatives viables pour les zones moins électrifiées.



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